LE COLLOQUE INTERNATIONAL

LES ENJEUX

ACTUALITE & IMPORTANCE DU CONCEPT

Mars 1968, le livre « Le droit à la ville » d’Henri Lefebvre paraît.

Il y présente un urbanisme devenu enjeu de société à contre-courant de celui alors à l’œuvre, foncièrement fonctionnaliste et technocratique. Politiquement et socialement non neutre, l’espace s’analyse, selon lui, comme la « projection des rapports sociaux ». Porteur d’un renouveau théorique comme pratique, cette pensée de la ville est appelée à changer la mise en œuvre des politiques urbaines. S’appuyant sur Marx, Lefebvre montre une ville pensée comme processus et comme espace social. Le droit à la ville anticipe les profondes évolutions dans le champ intellectuel et dans la société de mai 68. Henri Lefebvre redéfinit le travail du philosophe dans la cité en sortant la pensée marxienne de sa gangue pour l’ouvrir sur de nouveaux champs et approches comme l’apport de l’art et la critique de la quotidienneté. Sociologue, il place la ville, l’espace, l’urbain au centre de la réflexion sur les sociétés contemporaines et affirme la nécessité d’un « droit à la ville » c’est-à-dire un droit à la vie urbaine et à la décision démocratique.

Objet complexe, ce curieux ouvrage est un projet scientifique, politique et de renouveau de la pensée urbaine sur la manière de la faire et de la vivre.

Oublié pendant un temps, le concept de droit à la ville renait par redéploiements opérés par différents chercheurs et géographes. Les mouvements sociaux s’en emparent aux échelles locales, nationales et internationales lors de luttes de quartiers, de forums mondiaux ou à travers le dialogue entre gouvernements locaux et mouvements d’habitants. Le droit à la ville devient une modalité de radicalisation de la démocratie locale et de promotion d’un horizon différent face à l’hégémonie de la ville compétitive.

Prépublication du Manifeste, L'Homme et la Société, 1967

Le Droit à la ville, 1ère édition, 1968, France

El derecho a la ciudad, 1ère édition, 1969, Barcelone

À la fois cadre théorique à nourrir et slogan mobilisateur pour agir,

les migrants comme les habitants des bidonvilles ainsi que les résidents des quartiers défavorisés en usent sur les problématiques d’habitat comme d’accès à la centralité et aux services publics. Les exclus du droit à la ville sont nombreuses et nombreux.Ville inclusive ou excluante ? Peut-on parler de droits ? Qui garantit ces droits ? Le livre de Henri Lefebvre est toujours mobilisable pour répondre à ces questions tout en affirmant une ville plus solidaire et inclusive. Il offre aux luttes pour le logement des interstices urbains ou des vides devenus de potentiels refuges. Il donne aux luttes contre les frontières des facilités pour transformer les murs en médias d’information et d’expression. Ces conflits liés à l’action matérielle donnent aussi vie à la théorie du droit à la ville en générant des apprentissages, des avancées, une réflexivité.

À l’occasion du 50ème anniversaire de la sortie du livre d’Henri Lefebvre, il est apparu utile au laboratoire d’idées « la Ville en Commun », à la revue d’urbanisme critique « Tous Urbains », ainsi qu’à l’École d’Urbanisme de Paris de rendre compte de l’importance et de l’actualité du concept dans les champs de la philosophie, de la pensée urbaine et de la sociologie. Deux jours de colloque pour en apprécier l’impact en matière de politiques urbaines et de pratiques sociales.

Habitat International Coalition, 2010

Journal des habitants de Belleville, Paris, 2017

L'ESSENTIEL POUR COMPRENDRE LE MANIFESTE "LE DROIT A LA VILLE"

LE PROGRAMME : 04 & 05 AVRIL 2018